Regards sur le monde par un autiste

TROUBLE DU NEURO DÉVELOPPEMENT

Je vous ai parlé dans un post précédent, d’Eric de Rus, professeur de Philosophie au lycée St Joseph à Toulouse, qui a découvert son autisme à l'âge adulte.

J’ai choisi quelques extraits du premier chapitre de son livre “l’autisme, une autre façon d’être au monde” mon voyage en neurodiversité, pour vous donner envie de le lire…

L’intuition de l’altérité :

“J’ai toujours été habité par l’intuition d’une altérité chevillée à mon être, elle-même liée au sentiment d’une étrangeté au monde dont le fonctionnement et les règles n’allaient pas de soi. C’est en satisfaisant mon besoin vital de silence et de solitude que je parvenais à “donner le change”

“Je naviguais continuellement entre deux mondes, mon monde intérieur et le monde socialement construit donc les codes me déroutant souvent., … situation génératrice d’une profonde anxiété.”

“L’enfant que j’étais se réfugiait dans la lecture…”

Ma manière d’être au monde et les fonctionnements qui l'accompagnaient, fondus au fil du temps dans la trame quotidienne en vertu d’une grande habileté adaptative, ne retinrent pas outre mesure l’attention de mon entourage.

Ce que je vis, ressens, fais, pense, c'est-à-dire la manière dont j’investis les différentes dimensions de mon existence : intellectuelle, affective, professionnelle, créative, spirituelle, porte le sceau d’une certaine manière d’être au monde. Une manière d’être que j’allais entendre qualifier, beaucoup plus tard, de “neuroatypique”.

𝐈𝐥 𝐬’𝐞𝐱𝐩𝐫𝐢𝐦𝐞 𝐞𝐧𝐬𝐮𝐢𝐭𝐞 𝐬𝐮𝐫 𝐬𝐞𝐬 𝐟𝐨𝐧𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐬𝐚𝐢𝐥𝐥𝐚𝐧𝐭𝐬,

- son hypersensibilité sensorielle, décrite comme “une vulnérabilité extrême aux stimulis sensoriels dont l’intensité et la simultaneité se conjuguent, tout étant perçu sur le même plan.”

- son acuité aux détails : orientation essentielle de la perception vers l’infime. “une goutte qui perle à l’extrémité d’une feuille

𝐏𝐮𝐢𝐬 𝐢𝐥 𝐞́𝐯𝐨𝐪𝐮𝐞 𝐭𝐨𝐮𝐭 𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐟𝐚𝐢𝐭 𝐬𝐨𝐧 𝐪𝐮𝐨𝐭𝐢𝐝𝐢𝐞𝐧 :

- son hyperfocalisation… sur certains domaines de prédilection… “qui m'absorbent tellement que je deviens comme insensible à la fatigue et à la faim…

- sa pensée en ébullition, son besoin viscéral d’ordre, sa perplexité à l’égard de certaines règles sociales, sa difficulté à accéder au second degré, sa sensibilité fine, son manque de filtre, son manque d’aisance à commencer et entretenir les échanges en dehors de ses centres d'intérêts prévalents. ….

Je vous laisse découvrir la suite, dans un style d’écriture soutenu et recherché, chaque chapitre apportant une brique supplémentaire à la compréhension de ce qu’est l’autisme, à travers ce prisme unique, le sien, car , comme il le dit lui-même dans les premières pages de son ouvrage :

“Si vous avez rencontré une personne autiste, vous avez rencontré une personne autiste”.

“Il faut garder à l’esprit que l’autisme est un spectre , il y a autant d’autismes que d’autistes”

Christine MABIT